Quand je pense à toi, je revois d'abord ton regard. Des yeux pétillants, remplis de malice, qui annonçaient déjà le sourire que tu allais offrir quelques secondes plus tard. Tu avais cette capacité rare d'apporter de la bonne humeur simplement en entrant dans une pièce. Et puis il y avait cette façon bien à toi de parler... beaucoup, énormément même ! On disait souvent qu'une fois lancé, plus personne ne pouvait t'arrêter. Aujourd'hui, j'aimerais encore t'écouter raconter une de tes histoires.
Tu aimais la vie. Tu aimais les bons moments, les repas entre amis, les éclats de rire, les discussions qui n'en finissaient plus. Tu aimais intensément. Je disais souvent à mon mari que tu étais un amoureux de l'amour. Cette phrase me revient sans cesse aujourd'hui.
Tu aimais Perrine d'un amour immense. Votre histoire n'a jamais été simple. Vous étiez deux personnalités très différentes, parfois incapables de vivre ensemble, mais il était impossible de ne pas voir la force du lien qui vous unissait. Certaines histoires d'amour ne rentrent dans aucune case. La vôtre en faisait partie.
Et puis il y avait Samuel et Constance.
Je crois sincèrement qu'ils représentaient ce que tu avais de plus précieux. Deux enfants magnifiques dont tu étais fier. Aujourd'hui, mon cœur se serre en pensant à eux. Aucun enfant ne devrait avoir à grandir sans son papa. C'est une injustice que les mots ne savent pas réparer.
Comme beaucoup d'entre nous, tu as traversé des périodes sombres. Des moments où la vie semblait plus lourde que toi. Je ne les ai pas comprises. Elles m'ont parfois fait peur. Je me suis mise en retrait, pensant peut-être respecter une distance qui n'était finalement pas celle dont tu avais besoin.
Avec le recul, je me demande souvent si j'aurais pu faire davantage. Si j'aurais dû voir ta souffrance derrière ton sourire. Ce sont des questions qui resteront sans réponse. Alors aujourd'hui, si je devais te dire une chose, ce serait simplement : pardon. Pardon de ne pas avoir compris. Pardon de ne pas avoir su trouver ma place. J'espère simplement que tu savais, malgré tout, l'estime profonde que j'avais pour toi.
Parce que c'est cela que je veux retenir de toi.
Je veux me souvenir d'un homme profondément gentil. D'un homme qui aimait ses amis sans calcul et sans condition. D'un homme capable de faire un compliment avec une sincérité désarmante, sans même réaliser le bien qu'il faisait autour de lui. Tu avais ce don rare de faire sentir aux autres qu'ils avaient de la valeur.
Je refuse que les moments difficiles définissent l'homme que tu étais.
Ils ont fait partie de ton histoire, mais ils n'étaient pas ton identité.
Quelques semaines avant ton départ, tu avais retrouvé l'envie d'avancer. Petit à petit, tu reprenais pied. Les démons semblaient enfin s'éloigner et tu recommençais à construire quelque chose de plus serein. C'est cette image que je veux garder de toi : celle d'un homme qui se relevait.
Ton départ est d'une injustice infinie. Un accident. Quelques secondes qui bouleversent des vies entières.
Mais aujourd'hui, je voudrais surtout que ceux qui liront ces quelques lignes, et particulièrement Samuel et Constance, sachent une chose.
Votre papa n'était pas parfait. Aucun de nous ne l'est.
Mais c'était un homme profondément bon.
Il aimait fort. Il riait fort. Il parlait fort. Il vivait fort.
Il commettait parfois des erreurs, comme nous tous. Il connaissait le doute, les blessures et les combats invisibles. Pourtant, au fond de lui, il n'a jamais cessé d'être cet homme généreux qui voulait rendre les autres heureux.
Et je souhaite de tout mon cœur que ce soit cette image qui traverse le temps.
Merci, Ch'Bill, pour tous ces souvenirs, pour les rires, pour les discussions sans fin et pour l'amitié que tu as semée autour de toi.
Tu laisseras un vide immense.
Mais tu laisseras surtout des traces d'amour dans le cœur de tous ceux qui ont eu la chance de croiser ta route.
Repose en paix.
Béa !
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