Papa est né ici à Waterloo le 9 janvier 1944 de Béatrice Demers et d’Albert Champagne. 3
ème enfants d’une famille de 7 (3 sœurs et 3 frères). Famille modeste, très tôt et malgré lui il dut lâcher l’école en 7
ème année pour aller travailler afin d’aider financièrement sa famille. Papa m’a déjà raconté avoir payé des lunettes à sa maman avec sa première paie. Il était très proche de sa mère. Il a travaillé avec son père au ramassage des ordures, au creusage au cimetière, livreur, laitier à la laiterie Chagnon, chez Slack et j’en oublie peut-être.
Très jeune papa se découvrit une passion pour la pêche. Habitant de Waterloo avec son beau grand lac. Il y passait tous ses temps libres à pêcher. Le lac de Waterloo n’avait pas de secret pour lui dans ces années-là! Il en a sorti des barbottes et des perchaudes! Il nous a tous initié à ce sport zen et revivifiant! Même Rollande a découvert la pêche grâce à lui il y a 2 ans. Pour lui la vie c’était ça, une journée en chaloupe à la pêche accompagné par d’un ou plusieurs d’entre nous avec de la bonne musique country et une petite bière froide! Au moment de mettre notre ligne à l’eau, il fallait faire des gageures sur qui pognerait le plus gros, le premier et le plus petit poisson. C’était souvent lui qui gagnait. Je ne sais pas pourquoi mais il était toujours assis au bon endroit dans le spot à poisson! Ce qu’il aimait par-dessus tout c’était de débarquer sur le bord pour dîner et de faire cuire le poisson qu’il venait de pêcher. J’avoue que c’était délicieux! Merci papa!
À l’âge de 17 ans, beau jeune homme frisé, il fit la connaissance de notre mère Gisèle Larivière et c’est à tout juste 19 ans qu’ils se sont mariés le 23 février 1963 à la paroisse St-Charles de Montréal. Ils se sont installés sur la rue Lebrun à Waterloo et il avait 20 ans quand je suis née. J’ai toujours ressentie tout comme mes frères et ma sœur beaucoup d’amour de sa part!
À ces temps-là, il commença sa carrière de camionneur. Ce sera son métier pendant plusieurs années. À sa retraite, il a fait du marché aux puces, ouvert 2 petits magasins et opéré un petit kiosque de fruits et légumes à Warden.
Sa deuxième grande passion c’était la musique country celle d’ici ou du Tennessee. Dès qu’il put, il s’acheta sa première guitare, ce fut sa première dette, il l’a payait tant par mois. Il a appris tout seul à jouer à l’oreille. La première chanson qu’il a apprise est « A white sport coat » de Marty Robbins. Quand j’étais petite, j’ai passé plusieurs samedi soirs ou dimanche après-midi à l’écouter chanter et jouer de la guitare. Mes yeux de petites filles le voyaient comme un grand chanteur ! Il avait un grand répertoire et il s’appliquait à bien les jouer. J’aimais beaucoup chanter avec lui, même si je suis loin de chanter juste, jamais il ne m’a fait voir que ça le fatiguait! Au contraire, il aimait ce temps qu’on passait ensemble et moi aussi!
Du même coup, il m’a appris l’anglais. Il adorait nous montrer à parler anglais. A toute la famille, il a été le premier à nous avoir montré à dire « I love you » et toutes les petites phrases d’usages.
En 1985, il est devenu un papy et je n’avais jamais vu mon père aussi gaga! 14 fois, il a connu le bonheur de devenir le papy d’un petit être! Il les a tous beaucoup aimé! C’était un homme démonstratif et intéressé à connaître la vie de ses petits-enfants et e ses arrière-petits-enfants (il en a 16 maintenant). Il disait on est chanceux, ils sont tous en santé et beaux comme des cœurs! Reconnaissant, c’était une de ses grandes qualités. Les dernières semaines à l’hôpital, même en pleurant, il a remercié tous ceux et celles qui se sont occupés de lui et il nous disait qu’on était chanceux au Québec d’avoir accès à des soins et du personnel qualifié. Ce n’est pas dans tous les pays qu’on a cette chance!
Papa avait beaucoup d’entregent, il aimait tout le monde, il parlait et s’intéressait à tout le monde sans jugement. C’était aussi une grande qualité chez lui.
Papa avait la foi, il croyait en Dieu et a pratiqué plusieurs années. J’ai retrouvé une prière dans son portefeuille qui demande à Dieu de le protéger ainsi que les siens.
Un incontournable quand on allait le visiter, c’était de jouer une partie de cribble. Il était chanceux! Il nous battait très souvent! Nous étions pas pire content quand on réussissait à gagner!
Papa, la dernière partie de cribble que j’ai joué avec toi à l’hôpital, je l’ai gagné par 1 point! Dans mon cœur cette fois-là j’aurais souhaité que tu gagnes, c’aurait été comme un signe que nous allions avoir des bonnes nouvelles et que tu n’avais pas perdu toute ta chance!
Les 2 dernières années de ta vie, tu les as partagé avec Rollande, tu avais trouvé ton âme sœur, c’était vraiment beau de vous voir! Nous sommes heureux que tu aies connu ce bonheur! Le rêve de ta vie d’aller voir les Rocheuses, c’est avec elle que tu les as aperçus un soir de mai. C’est tellement triste car ton mal, ta douleur était tellement forte que tu as dû rebrousser chemin! Tu as quand même dit à Rollande que tu étais content parce que tu avais vu tes Rocheuses avant de mourir. Je pense que tu pressentais quelque chose de grave sans savoir vraiment. Merci Rollande de lui avoir permis de vivre ce moment important! Papa, sois rassuré nous continuerons de voir Rollande parce que nous aussi on l’aime beaucoup! En ce qui concerne ton voyage dans l’Ouest : En août prochain j’irai. Ce voyage, je le ferai avec toi et pour toi, comme je t’ai dit à l’hôpital je serai tes yeux et tu seras dans mon cœur. Je continuerai là où tu as dû rebrousser chemin.
Papa a habité chez nous il y a quelques années et un jour, il m’a appelé à venir écouter une chanson qui représentait bien ce que lui voudrait nous dire lors de son décès. Il l’a fait entendre à Sylvain, à Cocotte et à Stéphanie. Papa, nous la ferons jouer à la fin de la célébration.
Cher papa, le cancer et la mort t’ont surpris et ne t’ont pas donné de chance! Quel modèle incroyable de résilience, de force physique et mentale tu es pour nous. Tu nous as protégé Cocotte et moi de tes derniers moments de souffrance car tu savais qu’on serait marqué à jamais. Merci Ronald de lui avoir fermé les yeux tout en lui racontant des beaux moments de notre vie sur un fond de musique country. Le choc est grand Papa mais grâce à ton aide et je sais que tu nous aide déjà nous continuerons de t’aimer, de parler de toi, d’aller à la pêche, de chanter tes chansons, de jouer au cribble en pensant à toi. Comme ça tu ne mourras jamais! Nous t’aimons très fort et je peux dire sans exagérer que le plus fort c’est Mon Père!
Elyse et toute ta famille qui t’aime!
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