La dernière fois que Guillaume et moi on a parlé en public ensemble, c’était pour célébrer le 25
e anniversaire de mariage de nos parents…
C’est rare, mais cette fois-là notre maman était un peu fâchée et nous en avait un peu voulu de l’avoir fait venir sous le prétexte que c’était un souper spaghetti pour une levée de fonds...
Elle ne s’était pas trouvée assez chic.
Alors aujourd’hui, je pense qu’elle serait vraiment fière de comment papa est habillé et surtout, j’espère qu’elle ne nous en veut pas d’avoir organisé un genre de vernissage pour la mettre elle et ses œuvres en avant plan et qu’elle approuve notre sélection…
Plus jeune, elle s’était fait traiter de
grande girafe parce qu’elle a grandi rapidement et qu’elle était plus grande que les autres enfants de son âge.
Quand on considère sa taille adulte, c’est à dire la même grandeur que moi sans talon !, c’est assez drôle.
Par contre, quand on s’attarde aux caractéristiques et qualificatifs des girafes, ça prend pas mal de sens. Je me permets de reprendre ce que j’ai trouvé sur un site internet.
[La girafe:] « Les pieds sur Terre, la tête dans les nuages »Perchée sur ses longues pattes et dotée d’un cou immense, la girafe observe son environnement depuis une perspective différente et symbolise ainsi l’élévation de l’esprit. Ses grands yeux ourlés de cils soyeux lui assurent en outre une excellente vue. Jamais dédaigneuse ni méprisante malgré sa haute taille, elle pose sur le monde un regard juste et doux. Souvent fixé sur l’horizon, elle évoque la capacité de voir au-delà des apparences.« Le langage de la girafe : parler avec le cœur »Les girafes sont les animaux terrestres qui possèdent le plus gros cœur : 13 kilos en moyenne ! Un véritable symbole de générosité et de gentillesse. Elles communiquent entre elles sans cris.« Parler girafe », c’est exposer clairement et calmement ses besoins et ses sentiments, sans agresser l’autre. Mais aussi faire preuve d’une profonde empathie et d’une écoute attentive (avec les grandes oreilles d’une girafe…) pour comprendre son interlocuteur. Il va sans dire que ses qualités « de girafe » ont constitué une base solide pour sa profession initiale d’infirmière… et son travail ultérieur de professionnelle à l’Institut Nazareth et Louis-Braille…
D’ailleurs, cela recoupe plusieurs commentaires que nous ont transmis d’anciens collègues et certains bénéficiaires.
Elle a si bien incarné et transmis ses valeurs d’empathie et sa volonté d’aider les autres, que malgré nos domaines d’expertise différents, soit l’informatique et la gestion des ressources humaines, nous avons débuté nos carrières dans le réseau de la santé et des services sociaux.
Son grand cœur, sa gentillesse et son écoute, elle en a aussi fait preuve envers ses amis et la famille, incluant les membres canins, mais également pour sa mère et jusqu’à son dernier séjour à l’hôpital où elle nous a demandé à plus d’une reprise de veiller au bien-être de son « petit papa ».
Évidemment, ses multiples qualités humaines ont aussi pu s’exprimer par le biais de son rôle de maman.
Que ce soit en prenant soin de nous lors de maladies, OU en nous nourrissant lors des traditionnels crêpes du jeudi soir en écoutant Passe-Partout OU encore en nous encourageant dans nos activités sportives, scolaires et autres; elle a toujours été présente, rassurante et soutenante.
Elle avait beaucoup à donner, en fait elle donnait sans compter et sans attendre en retour. Si nous avons un regret tous les deux, c’est que nous n’avons pas été en mesure de lui donner l’opportunité d’être grand-mère. Alors, on aimerait remercier son cousin Steve d’avoir permis à nos parents de vivre une relation de grand-parentalité avec Théo, Mélodie et Rose. Et merci à toi Ghis d’avoir accepté de partager ce rôle avec eux.
On l’a dit, elle avait beaucoup à donner et était très généreuse. À ce stade-ci, plusieurs personnes dans la salle, particulièrement les Dicaire, trouveraient qu’on oublie quelque chose de crucial si on omettait d’illustrer comment cette générosité pouvait magnifiquement s’illustrer lorsqu’elle recevait… et particulièrement lorsque le riz était au menu !
Pour nous, la petite famille, ok… il n’y avait peut-être pas assez souvent de tartes au goût de papa, mais gâteaux, galettes, biscuits ou brownies nous attendaient régulièrement en revenant de l’école les vendredis où elle ne travaillait pas…
… et, honnêtement, on la soupçonne aussi d’avoir pris un peu plaisir à cuisiner ces desserts pour satisfaire sa propre dent sucrée. Elle appréciait beaucoup le thé sous toutes ses variantes et malgré la caféine que ça contient, cela n’avait aucun effet pour l’aider à éviter de « se reposer les yeux » en écoutant la tv le soir.
Au début des années 2000, on a eu peur de la perdre… mais elle s’est battue et a survécu à son premier cancer. On s’estime drôlement choyés qu’elle ait trouvé la force de le vaincre et qu’on ait eu la chance de vivre plusieurs autres années de bonheur avec elle.
Ces années de plus lui ont permis de poursuivre et d’approfondir son appréciation de la beauté, de la nature et des paysages… que ce soit au quotidien ou dans le cadre des voyages qu’elle a effectués dans plusieurs pays et avec plusieurs d’entre vous.
Elle aimait jardiner, observer les oiseaux et les couchers de soleil, notamment celui de Ste-Luce-sur-mer.
Toute cette Beauté qu’elle voyait, elle tentait de l’immortaliser, de lui rendre justice à sa façon : la peinture, et l’essai de différentes techniques, le vitrail, les bijoux, les cartes avec des photos de fleurs et autres, auxquels certains d’entre vous ont aussi contribué.
Elle exprimait également sa créativité, son ingéniosité et son amour pour réaliser nos gâteaux de fête quand nous étions jeunes ou encore nos costumes d’halloween.
Au-delà de la girafe, son passage chez les Guides lui a aussi permis d’obtenir le totem de
Cygne patient…
Le cygne c’est la loyauté et toujours cette capacité de se positionner au-delà de la mêlée et de voir les choses autrement.
Pour ce qui est de la patience, selon ce qu’elle disait, elle lui a été attribuée parce qu’elle devait la travailler. Pour nous, il est clair qu’elle a fait un très très très bon chemin en ce sens. Outre dans les relations humaines, sa patience s’exprimait particulièrement lorsqu’elle peignait une toile : elle avait un souci de précision et du détail qui nécessitait une concentration et une réelle patience.
Cela dit, cette patience était moins évidente à conserver quand elle jouait au cribble avec papa ou quand elle perdait aux cartes ou à un jeu de société. Par contre, après quelques minutes, elle redevenait souriante et aucune rancune ne subsistait. Elle était donc une bonne perdante, les fois où ça arrivait.
Claudie, sa filleule, l’a décrite comme suit :
Jocelyne c'est la délicatesse d'un pétale et l'odeur de la lavande.Donc malgré les sentiments qui ressurgissaient dans les instants où elle devait accepter la défaite, elle se calmait assez rapidement par la suite, comme si elle avait des stocks cachés de lavande pour s’apaiser.
Par chance, elle était également une bonne gagnante.
En somme, notre maman avait la grâce du cygne et une patience hors norme.
Elle était aimée et son départ a été beaucoup trop rapide et définitivement trop tôt…
Mais en tant que cygne, il faut reconnaître qu’elle avait une longueur d’avance… elle avait déjà les ailes pour rejoindre les autres anges là-haut.
Merci pour tout maman.
On t’aime.
Mot de GabrielA ma chère marraine,
J'aimerais aujourd'hui prendre un dernier moment pour te remercier.
Tu étais une passionnée dans tout ce que tu entreprenais. Tu étais une artiste une vraie, tes toiles en témoigne tellement elles sont plus magnifiques les unes que les autres, elles sont de véritables oeuvres d'arts.
Tu étais aussi passionnée de
ta famille et de tes amis qui t'entourais. Je n'oublierai jamais les moindres souvenirs en ta présence. Que ce soit au chalet à mon oncle "Gillos' , au camping Domaine Du Rêve de grand-père et grand-mère et bien sur de nos nombreux Noël à votre maison à Longueuil sur la rue Rolland-Marcoux.
C’est sûr que la moitié de la famille étant dans les Laurentides à cause de mes parents et l'autre moitié ici à Granby faisait de votre maison à Longueuil le milieu parfait entre les deux pour se rejoindre. Mais tu l'as toujours fait avec grandeur, bonté et amour tout naturellement comme l'était ta personnalité.
Merci d'avoir été aussi présente pour tous ceux que tu aimais. Merci d'avoir été une amie, une confidente et un modèle pour ma mère. On peut dire que tu as parfaitement remplis ton rôle de grande soeur même si ma mère t'a rapidement dépassé d'une demi tête.
J'aimerais te remercier une dernière fois, car malheureusement bien malgré toi tu es partie trop vite. Tu m'auras appris que la vie est fragile et trop courte.
Je te promets qu'à chaque jour quand je regarderai la nature, un coucher de soleil ou n'importe quel autre paysage que tu aurais si bien rendu en chef d'oeuvre sur une de tes toiles je penserai à toi.
J'en profiterai avec ma famille, mes enfants et ma merveilleuse femme en passant à toi.
Merci pour tout je t'aime xxx
Ton filleul
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